Dossier Spécial : Crise Financière
Suite aux événements proche de la crise financière sans précédents d’octobre 2008 Finance-etudiant.fr a décidé de créer un dossier pour mieux comprendre pourquoi nous en sommes arrivé à ce niveau de crise et quelles en sont les conséquences.
Les experts de Finance-etudiant.fr vont se relayer pour livrer leur analyse de cette crise :
Lafinancepourtous – Michel Delobel – Fimarkets – Kevin Koudjee – Toutsurlesplacements
En fonction de l’évolution des événements, de nouveaux articles seront ajoutés au dossier de la crise financière 2008.
Crise financière : comment celà a commencé ?
Debut de notre dossier sur la crise financière d’octobre 2008 avec les raisons qui ont lancé la crise aux états unis expliquées par Lafinancepourtous et Kevin Koudjee.
Subprime : origine de la crise financière
La crise actuelle a débuté avec les difficultés rencontrées par lesménages américains à faible revenu pour rembourser les crédits qui leur avaient été consentis pour l’achat de leur logement.
Les subprime
Ces crédits étaient destinés à des emprunteurs qui ne présentaient pas les garanties suffisantes pour bénéficier des taux d’intérêt préférentiels (en anglais « prime rate »), mais seulement à des taux moins préférentiels (« subprime »).
Un Subprime est un crédit à risque que l’on va offrir à un client qui ne présente pas toutes les garanties nécessaires et suffisantes pour bénéficier des taux d’intérêts préférentiels. Aux USA ,il s’agit d’un crédit hypothécaire (immobilier) dont le logement du client (emprunteur) est pris en garantie en cas de défaut de paiement.
Surendettement des ménages au profit de la croissance
L’endettement des ménages américains a pu s’appuyer sur les taux d’intérêt extrêmement baspratiqués pendant des années par la Banque centrale des Etats-Unis (la « FED ») à partir de 2001 après la crise boursière sur les valeurs « Internet ». Il s’agit de la bulle Internet, c’est- à- dire une bulle spéculative réalisée sur les marchés financiers qui ont surévalué les actions des produits liés aux nouvelles technologies (télécommunications, l’informatique). Cela a duré de la fin des années 1990 à mars 2000 où la bulle spéculative a atteint son apogée.
En plus de prêter à un taux bas, les crédits étaient rechargeables, c’est-à-dire que régulièrement on prenait en compte la hausse de la valeur du bien, et on autorisait l’emprunteur à se ré endetter du montant de la progression de la valeur de son patrimoine.
Cela a soutenu la forte croissance des Etats-Unis, mais a fortement endetté les ménages moyens.
La théorie de base des Subprime
Le pari de l’augmentation continue de l’immobilier
Les crédits « subprime » ont été gagés par une hypotèque sur le logement acheté, l’idée étant que les prix de l’immobilier aux Etats-Unis ne pouvaient que grimper. Dans ces conditions, une défaillance de l’emprunteur devait être plus que compensée par la vente du bien hypothéqué.
Les taux varbiales basée sur le taux directeur
Autre caractéristique, ces crédits ont été souvent accordés avec des taux variables. Plus précisément, les charges financières de remboursement étaient au démarrage très allégées pour attirer l’emprunteur. Elles augmentaient au bout de 2 ou 3 ans et le taux d’emprunt était indexé sur le taux directeur de la FED.
Qu’est ce que le taux directeur ?
Ces taux sont ainsi appelés parce qu’ils jouent un rôle déterminant sur le taux de l’argent au jour le jour. Pour ceux qui concerne l’Europe, la Banque Centrale Européenne dispose de trois taux directeurs. Le plus important est celui des opérations principales de refinancement :c’est le principal outil de pilotage de la BCE et c’est vers lui que tous les regards se portent lorsqu’une décision de hausse ou de baisse est attendue ou espérée. L’organe qui fixe ces taux directeurs est le Conseil des Gouverneurs de la BCE. (Source :lexique de la banque et des marchés financiers, éd. Dalloz)
Représentation graphique de la théorie des Subprime
Revenons aux ménages américains, voici un premier schéma qui illustre la situation de leur emprunt et la répercution souhaitée :
L’échec d’une théorie.
Augmentation du taux directeur de la banque centrale
La Banque Centrale a progressivement relevé ses taux de 1 % en 2004 à plus de 5 % en 2006 pour tenir compte de l’évolution de l’inflation et de la croissance américaine. Les charges financières des emprunts se sont considérablement alourdies. Un nombre croissant de ménages n’a pu faire face.
L’immobilier chute
Les arbres ne sont pas montés jusqu’au ciel et les prix de l’immobilier ont fini par se retourner à la baisse dans l’ensemble des Etats-Unis. Résultat : la valeur des habitations est devenue inférieure à la valeur des crédits qu’elles étaient supposées garantir. L’afflux des défaillances des emprunteurs et des reventes de leurs maisons hypothéquées a accéléré la baisse des prix de l’immobilier. Les pertes se sont donc accumulées également du côté des prêteurs. Des établissements de crédit spécialisés se sont, les premiers, retrouvés en difficulté.
L’explosion du taux de non remboursement des subprime
A l’été 2007 le taux de non remboursement sur les crédits « subprime » dépassait 15 % contre 5 % en moyenne à la même époque pour l’ensemble des crédits hypothécaires aux Etats-Unis, chiffre lui-même record depuis 1986. Certes les défauts de paiement ne conduisent pas tous à la faillite de l’emprunteur et à la vente du bien hypothéqué. Mais on estimait, fin août 2007, que près d’1 million d’emprunteurs avaient perdu leur logement. Ce pourrait concerner in fine quelque 3 millions de ménages américains.
Sur la base d’un taux de défaillance de 15 %,(taux de remboursement des crédits) l’évaluation initiale du coût financier de la crise des « subprime » était de 160 milliards de $. Important certes, mais pas de quoi provoquer une crise financière mondiale.
La représentation graphique de la crise des subprime
Il nous importe maintenant de savoir et de comprendre comment la crise des subprimes s’est disséminée en une crise financière, affectant ainsi les plus grandes banques américaines et mondiales.
Comment la crise s’est-elle disséminée ?
La titrisation
Le déclencheur de la crise se situe donc dans un sous-compartiment du marché immobilier américain, e sous-compartiment du crédit hypothécaire à taux variable subprime. Les établissements spécialisés dans le crédit « subprime » ont été directement et logiquement touchés. Mais c’est la mutation opérée depuis une quinzaine d’années avec ce que l’on appelle la titrisation ( d’une façon générale, c’est le fait d’incorporer une créance dans un titre) qui permet de comprendre pourquoi et comment la contagion s’est opérée.
Qu’est ce que la titrisation ?
La titrisation consiste à transformer des crédits distribués par une banque en titres de créances(obligations) qu’un investisseur peut acheter et vendre à tout moment. On dit que ces obligations sont adossées à un portefeuille d’actifs. Les banques émettrices des crédits créent des sociétés intermédiaires dans lesquelles ces crédits constituent les actifs (plus couramment, l’ensemble des biens corporels ou incorporels d’une personne physique ou morale) et qui émettent en contrepartie des obligations qui constituent le passif.
Les intérêts et les remboursements des crédits servent au paiement des intérêts des obligations émises et à leur remboursement. Ces sociétés sont appelées SPV pour « Special Purpose Vehicule » ou « Véhicule spécial », car elles n’ont pas d’autre objet social et sont créées au cas par cas..
Les avantages perçus de la titrisation
Banques
Les banques ont mutualisé leurs risques en les dispersant, ce qui est un réel avantage. Par contre, comme inconvénient, plus personne ne sait vraiment qui détient le mistigri, en l’occurrence, les crédits, et à quelle hauteur.
Sans vouloir se répéter , mais dans le souci de mieux expliquer, on doit retenir que l’avantage pour la banque est qu’elle n’a pas à porter les crédits. Elle les sort de son bilan. Elle n’a pas à constituer un capital en réserve pour le cas où des difficultés de remboursement se présenteraient (règles prudentes concernant les fonds propres), et peut plus facilement consentir de nouveaux crédits.
Investisseurs
Concernant les investisseurs qui achètent ses titres (il peut s’agir de ces mêmes banques ou d’autres banques, de fonds de pension, de hedge funds etc…) ils peuvent espérer un très bon couplage rendement / risque sur les obligations.
L’évonomie en général
Avantage pour l’économie en général, les risques pris à l’origine par la banque sont reportés sur un plus grand nombre d’investisseurs. En cas de choc, celui-ci est en principe mieux absorbé. Cette mutation de la titrisation a ainsi permis le financement de la forte croissance des Etas-Unis et de l’ensemble du monde après la sortie de la crise boursière des valeurs « internet ». Mais pourquoi le système a-t-il grippé et pourquoi le choc, au lieu d’être amorti, a-t-il été amplifié ?
Les raisons de l’amplification de la crise
1ère raison : L’aléa moral
Avec la titrisation la vigilance des banques et des courtiers immobiliers qui ont initié les crédits aux ménages a été moins importante sur la capacité de ces derniers à rembourser correctement leur emprunt. Les banques qui « titrisent » portent moins les crédits. Elles se rémunèrent à la commission, puis revendent le crédit. Elles font de la quantité et peuvent être moins regardantes sur la qualité. Ce qu’on appelle l’aléa moral.
L’aléa moral consiste dans le fait qu’une personne ou une entreprise assurée contre un risque peut, de ce fait, se comporter de manière plus risquée que si elle était totalement exposée au risque. Exemple : si le propriétaire d’un vélo qui s’assure contre le vol réduit la taille des anti-vols au prétexte que si son vélo est volé il sera remboursé, il fait jouer l’aléa moral.
Dans le cas des banques, se considérant comme non pénalisées en cas d’imprudences dans leur opérations, elles prennent plus de risques lors de l’octroi de crédits ou de l’exécution d’opérations de marché. Le cadre de la réglementation et de la régulation des activités bancaires et d’assurance s’efforce d’empêcher de tels mécanismes.
Mais il peut parfois perdre de son efficacité. Ainsi, la politique monétaire doit veiller à empêcher les crises générales qui pourraient provenir des effets en chaîne de faillites bancaires sur l’ensemble du système et de l’économie. Mais pour les banques une telle garantie de « nationalisation des pertes » peut réentraîner un mécanisme d’aléa moral.
2ème raison : La titrisation opaque
La façon dont la titrisation a été opérée, avec une démultiplication opaque et spéculative du système est le deuxième facteur d’amplification de la crise financière.
Les banques d’affaires qui organisent la titrisation regroupent des « paquets » de crédits qu’elles mettent à l’actif des véhicules. Elles ont constitué des « paquets de crédits » « subprime », mais aussi despaquets mixtes, mélangeant des crédits subprime avec d’autres crédits hypothécaires, ou avec des crédits destinés à d’autres financements ( par exemple des opérations LBO des fonds d”investissement).
Les LBO ou Leverage Buy Out est un terme généraliste désigné pour toutes les opérations d’acquisitions du capital d’une société qui comporte un effet de levier par l’endettement des acquéreurs, le remboursement de la dette contractée par les acquéreurs s’effectuant par les bénéfices tirés de la société achetés.
Les risques de défaillance de ces « paquets » étaient supposés être inférieurs à ceux des crédits pris un par un. C’est ce qui permet d’obtenir une très bonne notation de la part des agences de notation sur les obligations émises en contrepartie. Mais cela n’est vrai que si les risques pris sur chaque crédit mis dans le paquet sont indépendants les uns des autres.
Or, les risques mis en paquets n’étaient pas indépendants, (on appelle cela « granulaires ») mais interdépendants car tous liés au marché immobilier américain. La baisse des prix de l’immobilier américain a entraîné un effondrement de la valeur des actifs des véhicules.
3ème raison : les tranches
La contagion et l’amplification ont alors tenu à la façon dont ont été construites les obligations souscrites par les investisseurs en contrepartie des paquets d’actifs. Celles-ci ont également été découpées en « tranches ». Certaines tranches comportaient des rendements plus élevés, mais aussi plus de risques, en ce sens qu’elles étaient les premières à être pénalisées si intervenaient des accidents de paiement sur les actifs. Ces obligations ont été en principe souscrites par des fonds d’investissement à risque ( hedge funds).
Des tranches intermédiaires venaient ensuite et des tranches plus sécurisées (dites « senior ») n’étaient pénalisées qu’en cas de dévalorisation générale des actifs, ce qui était supposé ne jamais intervenir. Elles étaient souscrites notamment par des investisseurs plus prudents (fonds de pension ..). Mais l’effondrement des actifs a entraîné même ces obligations dans la débâcle à la surprise de leurs souscripteurs puisqu’il n’y a pas eu d’alerte progressive par une détérioration de la notation.
4ème raison : l’achat à crédit
Facteur supplémentaire, les investisseurs qui ont acheté les obligations n’ont pas tous acheté en payant comptant, mais en s’endettant à leur tour pour bénéficier de l’effet de levier (mesure de gain espéré d’une opération financière par rapport à l’investisseur de base :on parle d’opération à effet de levier) d’un endettement à bas taux d’intérêt.
Ces investisseurs, banques et hedge funds notamment ont opéré en quelque sorte une titrisation au second degré en créant de nouveaux véhicules (appelés cette fois-ci SIV ou « conduits ») dont l’actif a été constitué par des obligations des véhicules de premier niveau et dont le passif a été constitué par du papier commercial à court terme (appelés « Asset Backed Commercial Paper » ou ABCP). Il en a été émis plus de 1000 milliards de $.
On est là dans un mécanisme de « transformation bancaire » consistant à utiliser des ressources à court terme pour effectuer des prêts à long terme.
La régulation et le contrôle des banques et notamment les règles de constitution d’un capital prudentiel en fonction des crédits distribués visent à protéger les épargnants et l’économie contre les risques liés à la transformation et à prévenir les paniques.
Sauf qu’ici, la transformation s’effectuait sur le marché et non dans les banques. Ces véhicules étaient contrôlés par leur créateur sans lui appartenir techniquement. Comme les autres véhicules de titrisation, ils étaient en principe hors bilan. Du coup, les règles communes du contrôle prudentiel bancaire ne leur sont pas appliquées.
L’effondrement des obligations
L’effondrement des obligations a entrainé un mouvement de retrait massif vis-à-vis de ce papier commercial ainsi que l’assèchement brutal de la liquidité bancaire à partir de juillet 2007. Les banques ont mobilisé toutes leurs ressources pour leurs propres financements et ont refusé de prêter même à court et à très court terme aux autres banques. Cet engrenage a touché l’ensemble du système bancaire américain mais aussi européen parce que, dans le contexte de la globalisation financière, les banques européennes avaient également participé à ces montages.
Devant le risque de crise bancaire systémique, les banques centrales des Etats-Unis, d’Europe et du Japon, ont injecté massivement et à plusieurs reprises des liquidités dans le marché des crédits interbancaires.
Le rôle des banques centrales
La crise financière actuelle a mis sur le devant de la scène les banques centrales qui jouent un rôle important à la fois au cœur des marchés en tant que régulatrices de la quantité (masse monétaire) et du prix (taux à court terme) de la monnaie, et au-dessus des marchés en tant qu’autorités de surveillance. Le présent article vise à décrire un peu plus précisément l’action des banques centrales en ce qui concerne le premier volet et ce faisant, à dissiper quelques incompréhensions dues aux raccourcis souvent opérés dans la presse à ce sujet assez technique il faut bien le dire.
Les banques centrales et leurs outils
Régulateur du marché interbancaire
Les banques commerciales interviennent sur le marché interbancaire pour placer leurs liquidités excédentaires ou au contraire pour obtenir des liquidités, ou pour lisser leur trésorerie prévisionnelle en fonction des mouvements de fonds qu’elles prévoient. Les paiements interbancaires se font exclusivement en monnaie centrale, c’est-à-dire par mouvements entre les comptes que les agents bancaires détiennent à la banque centrale.
En fonction des tensions constatées sur le marché interbancaire, la banque centrale intervient pour injecter ou au contraire retirer des liquidités. Ces interventions lui permettent d’influer sur les taux pratiqués sur le marché interbancaire, qui eux-mêmes déterminent les taux auxquels peuvent emprunter les agents non bancaires, et ainsi de contrôler la croissance de la masse monétaire afin d’éviter l’inflation (objectif principal de la BCE tel que le traité de Maastricht l’a établie).
Les outils de régulation
Au sein de l’Eurosystème (ensemble formé par par la BCE (Banque Centrale Européenne) et les Banques Centrales), ces interventions se font principalement:
En permanence, par le biais des réserves obligatoires, qui imposent aux banques d’immobiliser une partie de leur trésorerie à la banque centrale. Cette disposition contraint les banques à venir plus souvent se refinancer auprès de la banque centrale et permet donc à celle-ci de mieux contrôler les taux.
Au jour le jour, par le biais des facilités permanentes, auxquelles les banques ont un accès discrétionnaire (à condition d’apporter des garanties suffisantes pour les prêts, cf plus bas). Les facilités permanentes sont des prêts (facilité de prêt) ou des emprunts (facilité de dépôt) d’une durée de 1 jour consentis par la banque centrale à tout établissement de crédit titulaire d’un compte dans ses livres qui en fait la demande.
A une semaine ou à 3 mois, par le biais d’apports de liquidité sous forme de prêts aux établissements de crédit négociés par voie d’appels d’offres. Cette fois le montant global alloué est plafonné par la BCE en fonction de ses prévisions de liquidité du marché interbancaire. Ce sont donc les établissements qui font les meilleurs offres qui seront « servis » en premier.
Les taux de rémunération des facilités permanentes constituent 2 des taux directeurs de la BCE, celui de la facilité de dépôt étant le plancher et celui de la facilité de prêt le plafond d’un « corridor » au sein duquel va s’établir le taux des prêts-emprunts que les banques négocient entre elles (l’EONIA). Le taux des appels d’offres hebdomadaires ou « opérations principales de refinancement » constitue le le principal taux directeur de la BCE et est situé très exactement au milieu du « corridor ».
Le cadre et l’objectif des outils de régulation
D’autres instruments de mise en œuvre de la politique monétaire sont à la disposition de la BCE mais il serait trop long de les détailler ici. De même, les autres banques centrales comme la Federal Reserve ou la Bank of England interviennent également avec des outils similaires.
Cependant, il est très important, en particulier en ce qui concerne les opérations d’octroi de liquidité, d’avoir en tête que :
Ce sont des prêts consentis par la banque centrale aux établissements de crédit, que ceux-ci vont donc devoir rembourser. Quand on dit que la banque centrale « injecte des liquidités », cela ne signifie donc pas qu’elle fait marcher la planche à billets.
Elles n’ont pas pour objectif de renflouer un ou plusieurs établissements de crédit en particulier. Tous les établissements de crédit y ont en effet accès, et l’objectif de l’opération est d’agir sur le marché monétaire dans sa globalité.
Ces opérations se font systématiquement contre des garanties, titres ou créances, que les établissements remettent à la banque centrale. Si l’établissement est en défaut, et ne peut pas rembourser, la banque centrale conserve les titres et les vend sur le marché pour rembourser le prêt.
Le rôle de la banque centrale en fonction de la situation économique
En temps normal, les établissements de crédit ne vont se refinancer auprès de la banque centrale qu’en dernier recours, car il peuvent en principe trouver des conditions plus avantageuses sur le marché interbancaire. Tout le jeu – subtil – de la banque centrale consiste donc à entretenir un certain déficit global de liquidité de façon à contraindre les banques à venir se refinancer auprès de la banque centrale juste assez pour que celle-ci puisse maintenir son contrôle sur les taux mais pas trop pour ne pas créer une situation de déficit général de liquidité qui bloquerait les circuits financiers normaux.
En temps de crise, la confiance mutuelle que se font généralement les établissements de crédit est mise à mal : chacun soupçonne les autres d’aller plus mal que lui, et de ce fait les transactions sur le marché interbancaire ne se font plus. Les banques qui ont des excédents de trésorerie répugnent à placer ceux-ci auprès de leurs consoeurs, et celle qui ont un besoin de financement ne trouvent pas à se couvrir sur le marché. Elles vont donc toutes se tourner vers la banque centrale.
Le rôle des banques centrales pour la crise des subprimes
En parallèle, la valeur boursière des titres chute, or ceux qui acceptent encore de prêter ne le font que contre des garanties : le gisement de collatéral disponible pour obtenir du refinancement tend également à s’assécher. La crise actuelle, partie du marché du crédit avec la crise des subprimes, est particulièrement symptomatique de ce type de situation. Ainsi, la quantité de titres disponibles a même chuté dans la mesure où les émissions nouvelles d’actifs issus de la titrisation ont quasiment stoppé, et où les actifs titrisés présents sur le marché, y compris ceux qui pourraient en temps normal être considérés comme « sains », ont perdu considérablement de la valeur.
Dans ce contexte, que peuvent faire les banques centrales ? Tout d’abord il faut se convaincre qu’elles ne vont pas pouvoir, ni à court ni à moyen terme, agir sur les causes de la crise qui dépasse largement leur périmètre d’action. Par contre les outils dont elles se sont dotées peuvent leur permettre d’assouplir les tensions constatées sur le marché monétaire.
Se substituer au marché interbancaire
Dans l’immédiat, les banques centrales vont donc se substituer au marché interbancaire, bloqué, pour fournir davantage de liquidité en:
Allongeant la maturité des opérations de refinancement, ce qu’à fait la BCE en augmentant le montant de ses opérations à 3 mois, et en créant une nouvelle opération de refinancement à 6 mois.
Augmentant la fréquence et le volume des opérations d’apport de liquidité : la BCE a déclenché 6 opérations d’apport de liquidité à 3 mois et 2 opérations à 6 mois depuis juillet 2008 (les opérations à 3 mois ont normalement lieu tous les mois).
Elargissant l’éventail des créances ou titres admis en collatéral, ce qu’a fait la Federal reserve en acceptant en garantie l’équivalent américain des billets de trésorerie (commercial paper).
Elargissant l’éventail des contreparties éligibles (banques) au refinancement direct auprès de la banque centrale : la BCE l’a fait en autorisant l’ensemble des banques éligibles aux opérations principales à participer à certaines opérations plus spécifiques (non décrites dans ce document), dites de « réglage fin ». Sur ce plan la Fed est allée beaucoup plus loin en donnant l’accès à ses opérations à des agents non bancaires.
Renforçant la coopération internationale entre banques centrales :
Ainsi la Fed et la BCE ont conclu un accord de « swap » permettant aux établissements de crédit européens de venir se refinancer en dollar, via la « Term Auction Facility » de la Fed, auprès de la BCE contre du collatéral éligible aux opérations de refinancement en Euro. En effet depuis le début de la crise les établissements européens ont du mal à se refinancer en dollar.
La récente baisse des taux directeurs s’est fait simultanément sur plusieurs places, en concertation entre les banques centrales concernées (Union Européenne, Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Suisse, Suède) .
Intervention directe auprès des banques
La Federal Reserve est allée encore plus loin en intervenant directement auprès de certains établissements comme AIG, ce que la BCE n’a pour le moment jamais fait (et ne fera probablement pas, ni ses statuts ni ses moyens ne le lui permettant).
Rétablir la confiance et pérenniser le marché
Ces actions à court terme visent à rétablir la confiance au sein du marché interbancaire, mais il ne faut pas oublier que les banques centrales agissent également en tant que régulateurs et autorités de surveillance. A ce titre elles participent à la réflexion concernant les moyens de prévenir la survenance de crises de ce type, et participeront à la mise en œuvre des décisions qui en découleront. Il est encore trop tôt pour connaître les modifications du paysage réglementaire que la crise va induire, mais il est certain que seules une négociation et une mise en œuvre au niveau international leur donneront une réelle efficacité.
Les conséquences de la crise sur la Bourse
Méthode de l’analyse
L’analyse technique
L’analyse technique est un moyen de décrypter la psychologie des investisseurs, d’analyser leur comportement sur le marché en fonction ce qu’il s’est passé dans les semaines, mois ou années précédentes. En fonction de leur niveaux d’investissement et de leur prix de revient, les investisseurs vont réagir différemment, guidés tour à tour par leurs espoirs de gain et leurs craintes de moins-values. Des évolutions des cours dans le passé, proche ou lointain, vont naître des supports, des résistances, des points de retournement, des tendances, qui vont dicter la psychologie des acteurs du marché, et donc leurs comportements.
Analyse technique a long terme et moyen terme du CAC 40
Dans ces temps de crise et d’extrême nervosité, où il serait d’ailleurs peut-être plus réaliste de parler de psychiatrie plutôt que de psychologie, je vous propose d’essayer de prendre un peu de recul en étudiant d’un point de vue technique deux graphiques LT et MT du CAC40, histoire d’essayer de voir où tout ceci peut nous mener.
L’analyse technique ne peut et ne doit être considérée comme unique critère d’analyse pour tenter de décrypter l’évolution des marchés, mais dans ces temps où les évolutions des cours sont plus de résultats d’émotions et de peurs que de critères fondamentaux tangibles, elle semble encore l’une des dernières à laquelle se raccrocher.
Analyse du CAC 40 à long terme
Graphisme du CAC 40 depuis sa création
Pour situer les choses, commençons par un petit graphique du CAC à LT, c’est à dire depuis sa création. Ce graphe ne commence qu’à la fin des années 80, et ne nous permet pas de prendre en compte le krach de 87, mais une vingtaine d’année de recul me semble amplement suffisant si l’on en revient à ma définition ci-dessus de l’analyse technique.
J’y ai tracé deux séries de parallèles, pour essayer de cadrer l’évolution de notre indice. Des parallèles bleues haussières, et équidistantes, et des parallèles rouges, également équidistantes.
Les tracés de référence
Les tracés de référence qui ont été retenus ont été les deuxième et troisième parallèles bleues en partant du bas, et le tracé rouge passant par les deux sommets de 2000 et 2007. On notera tout de suite que le sommet de 2007 n’a pas atteint totalement la résistance bleue. On pourrait donc imaginer également des tracés haussiers légèrement moins pentus, pour passer par ce point haut. La première conséquence serait alors que le creux de 2003 après l’éclatement de la bulle internet n’attendrait pas tout à fait le nouveau support.
Pourquoi de telles remarques ? Premièrement pour bien vous faire comprendre qu’il n’existe pas un tracé, mais plusieurs façon de le mettre en place. Et deuxièmement pour vous montrer que ce n’est pas parce qu’on a un beau tracé que le marché va forcément aller le chercher avant de se retourner.
L’attente d’une hausse supplémentaire du marché
D’un point de vue psychologie des investisseurs, un tel comportement est très intéressant à interpréter. Ceux qui avaient fait ces tracés début 2007 n’avaient aucune raison d’avoir les parallèles rouges, mais uniquement les bleues. Ils ont pu ainsi attendre une hausse supplémentaire du marché avant de sortir leurs positions… hausse qui ne viendra finalement pas. Et lorsqu’ils prendront conscience de leur mauvaise anticipation, et qu’ils vendront, ils contribueront alors à renforcer le retournement de marché, celui là même qui avait empêché le marché d’atteindre leur objectif…
Anticipation de l’évolution du CAC 40 à long terme
Venons-en aux anticipations nées de ce premier graphique : avec la rupture de la troisième parallèle bleue, puis de la médiane rouge, le marché semble clairement se diriger vers la parallèle bleue suivante, située environ vers 3050.
Mais ne pouvant se baser sur un seul élément, et avant de passer à un graphe MT, j’attire votre attention sur une figure que j’ai fait apparaître sur ce graphique : une Epaule-Tête-Epaule, matérialisée par les trois lettres : E, T et E. Cette figure très connue en analyse technique, est une figure de retournement de marché. Le franchissement de la ligne de cou (supportant les deux épaules) est assez récente, puisqu’elle date du mois de juin. Le mois d’août a ensuite vu un « pull back » sur ce niveau, avant le plongeon que l’on connaît. Pour obtenir l’objectif technique de cette figure, il suffit de reporter la hauteur de la tête : on obtient à peu de choses près la zone des 3300/3350.
Nous voilà donc avec deux objectifs, à la fois proches si on les analyse avec un regard d’investisseur LT, mais également éloignés, car distant d’environ 10%. Mais seront-ils atteints ? Peut-être la vérité est-elle entre les deux ?
Analyse du CAC 40 à moyen terme
Essayons de préciser un peu les choses avec une vue MT.
On y retrouve l’ETE, pour laquelle j’ai fait figuré en rouge également la ligne de cou, ainsi que l’objectif théorique, quasiment atteint ce jeudi en fin de séance. On y voit également deux canaux baissiers, l’un en orange, cassé à la baisse cette semaine, et l’autre marron, plus pentu encore, et qui semble mieux encadrer l’évolution du marché ces derniers mois.
Augmentation de la volatilité
Au delà d’un objectif CT au niveau du support rouge et du support marron, on note clairement depuis quelques semaines une très forte augmentation de la volatilité. Tout à commencé mi-septembre, avec la formation de deux marteaux, dont le premier accompagné de volumes particulièrement importants. Un marteau est théoriquement un signal haussier, traduisant un début de période fortement baissier, suivi d’un retour haussier tout aussi violent, prenant à contre-pied les vendeurs, tandis que les acheteurs se sentent rapidement à l’abri.
Ici, à deux reprises, ce sont finalement les acheteurs qui se sont retrouvés piégés, contribuant sans doute au mouvement de panique que nous connaissons depuis le début de la semaine.
Conclusion de l’analyse technique
S’agit-il d’une capitulation des investisseurs, d’une dernière purge avant rebond, ou la mise en place d’une profonde vague baissière ?
Il est malheureusement un peu tôt pour le dire, même si de nombreux éléments psychologique font penser à une capitulation. Nous avons vu que nous avons d’importants supports LT et MT à proximité, une volatilité et des volumes très importants. Autant d’indices qui peuvent raisonnablement faire penser à un point bas tout proche.
Mais attention, nous n’avons pour l’instant aucun signal graphique tangible de rebond, et l’analyse technique n’est pas une science exacte. On ne peut donc pour l’instant écarter le scénario d’un transpercement direct des supports. Ce n’est pas à souhaiter, car cela signifierait sans doute à nouveau de bien mauvaises nouvelles en provenance du système financier et de l’économie mondiale, mais qui sait, à la vitesse où s’enchaînent les évènements depuis la mi-septembre….
Quelles protections pour les particuliers ?
La garantie des dépôts
Avec la crise financière actuelle, nombreux sont les particuliers qui s’interrogent sur le sort de leurs dépôts et de leurs titres, et craignent pour leurs actions, leur PEA et leur assurance vie même si ils entendent dire que les dépôts sont garantis à hauteur de 70.000 €.
Le fonds de garantie des dépôts
La garantie de 70 000€ résulte d’une loi de 1999 et s’exerce au travers du Fonds de garantie des dépôts. Le Fonds de garantie de dépôt des dépôts a été crée en septembre 1999, en vertu d’une loi du 25 juin 1999 conformément à une directive européenne.
Le Fonds de garantie des dépôts est une personne morale de droit privé dont l’objet est d’indemniser les déposants d’un établissement de crédits français ( et de toutes les succursales de l’Union Européenne) lorsque celui-ci n’est plus en mesure de leur restituer leurs dépôts immédiatement ou à terme rapproché.
Outre cette mission curative le fonds peut aussi avoir d’autre mission mais sur proposition de la commission bancaire. Mais revenons d’abord à la garantie des dépôts qui nous importe en cette période de crise financière.
La règle des 70 000 €
La règle, en fait, c’est 70.000 € par déposant et par établissement. Qu’avec votre conjoint (ou partenaire de PACS…), vous ayez des comptes joints ou séparés, vous serez considérés comme des déposants distincts. Cette garantie est globale et couvre tous les types de dépôts (comptes courants, comptes à terme, comptes épargne logement…).
Elle s’applique à tous les établissements bancaires agréés par le CECEI , qu’il s’agisse de banques françaises ou de filiales françaises de banques étrangères. Le CECEI , est le Comité des Etablissements de Crédit et des Entreprises d’Investissement. C’est une organe dont les membres titulaires sont choisis au sein du conseil national du crédit et du titre, et qui est chargé e prendre les décisions et d’accorder les autorisations ou dérogations individuelles prévues par les dispositions législatives e réglementaires applicables aux établissements de crédit et aux entreprises d’investissements. A l’exception de celle relevant de la commission bancaire.
Exemple
Vous avez un PEL, votre conjoint également et vous en avez ouvert un au nom de chacun de vos deux enfants mineurs (50 000 € chacun, soit 200 000 € au total) + un LDD (livret de développement durable ) et votre conjoint également (5 000 € chacun) + un compte courant joint (5 000 € car vous venez d’être payé). Vous avez donc 215 000 € que vous récupéreriez intégralement si ce mécanisme devait jouer.
L’application de la garantie
Quand s’applique-t-elle ?
Cette garantie n’intervient qu’en cas de faillite de la banque et désignation par la Commission Bancaire d’un administrateur provisoire. Le déposant n’a aucune démarche à accomplir, c’est le Fonds de Garantie qui, saisi par la Commission Bancaire, procèderait à un audit des comptes. Sous une quinzaine de jours, il adresserait un courrier à chaque déposant, récapitulant les avoirs détenus et virerait le montant correspondant (dans les limites mentionnées plus haut) sur le compte d’une autre banque désigné par l’intéressé.
En 9 ans d’existence, cette garantie n’a encore jamais eu à jouer. Le Fonds de Garantie est intervenu une fois à titre préventif en accompagnant le rachat d’un établissement au bord du dépôt de bilan et sans que les déposants en aient rien su (sauf a posteriori quand ils ont été avisés du changement de nom de leur banque).
L’intervention de l’état obligatoire
Dans un cas de crise grave, voire systémique, où de gros établissements seraient concernés par une faillite ou une menace de faillite, cette protection ne pourrait intervenir qu’en appui de celle de l’Etat. Jugeons plutôt des volumes en cause : face à des dépôts d’environ 1650 milliards d’euros, le Fonds de Garantie des Dépôts dispose d’1,8 milliard d’euros au total, auxquels on peut tout de même ajouter une capacité à appeler des cotisations exceptionnelles de ses adhérents et une possibilité d’emprunter. Le fonds serait donc un instrument parmi d’autres de la solution de la crise .
Quand déclare-t-on une banque en faillite ?
Quand elle ne peut plus faire face à ses engagements. C’est rarissime. Si on dit que les banques européennes et notamment françaises sont plus solides aujourd’hui que les institutions américaines, c’est qu’elles sont la plupart du temps banque d’investissement et banque de détail. De ce fait, elles subissent moins les effets de la crise de liquidité sur le marché interbancaire (leurs dépôts leur assurent une certaine autonomie). On comprend bien, dès lors, qu’en cherchant à retirer leurs fonds, les déposants aggraveraient les problèmes de liquidité de leur banque et pourraient précipiter les défaillances qu’ils redoutent.
Nationalisations et fusions
S’agissant de banques de détail, leur dépôt de bilan paraît difficile à imaginer. Rappelons que Nicolas Sarkozy a indiqué publiquement à Toulon la semaine dernière (discours de Toulon, visant à rassurer les particuliers et les investisseurs) qu’il ne laisserait pas un déposant perdre un centime….
Ce qui signifie que pour éviter le risque de crise systémique, les banques en difficulté pourraient être soit nationalisées, soit adossées à d’autres. Et dans ce cas, pas de conséquence immédiate et directe sur les dépôts. On rappelle que avant la réforme bancaire de 1984, on appelait ainsi toute banque qui pouvait recevoir des fonds du public à vue ou à moins de deux ans de terme. Cette terminologie aurait dû disparaître : en effet, désormais toute banque agréée en cette qualité par le CECEI peut recevoir du public des fonds à vue ou à moins de deux ans de terme et effectuer toutes les opérations de banque. Elle demeure encore dans les faits par opposition à la banque d’affaires.
La garantie des titres
Il existe aussi une garantie des titres, elle aussi plafonnée à 70 000 € par détenteur de compte titres. Mais une telle garantie a, encore moins que celle des dépôts, de raison de jouer.
Pourquoi ? Parce que si le déposant est créancier de la banque, le titulaire d’un compte titres est propriétaire de ses titres ; la banque en est simplement dépositaire. Par conséquent, si vous avez, vous et votre conjoint, des actions sur un PEA, jusqu’au plafond autorisé, il n’y a aucune raison que vous ne récupériez pas l’ensemble de vos avoirs, même au-delà du plafond de 70 000 €.
Perte lié à la valorisation des titres ?
La seule question qui se pose est celle de la valorisation de vos titres. Car vos actions peuvent, indépendamment de la santé de votre banque, perdre de la valeur. Mais c’est un sujet distinct, même si la crise actuelle montre les liens entre difficultés du secteur bancaire et baisse générale de la bourse.
Le plafond de 70 000 € ne joue que si vous avez explicitement et par écrit autorisé votre banque à utiliser vos titres lorsqu’ils sont déposés dans ses livres, ou en cas d’utilisation frauduleuse par la banque. Alors, il y a un risque que ces titres aient été donnés en garantie quelque part ou prêtés à des personnes qui ne les rendent pas, mais ce cas est très exceptionnel et concerne à vrai dire très peu les particuliers. Sachez que lors de la dernière faillite bancaire en 1995 (la banque Pallas-Stern), tous les titres ont été intégralement rendus à leurs propriétaires.
Et les titres d’OPCVM ?
Qu’en est-il des titres que vous détenez au travers d’OPCVM ? Le même raisonnement s’applique : l’OPCVM est distinct de l’établissement bancaire qui le commercialise. Il possède des titres, et le particulier possède des parts ou des actions de cet OPCVM. S’il veut récupérer son investissement, le particulier procèdera au rachat de ses parts.
Se posera alors la question de la valeur liquidative car, en imaginant qu’un mouvement de panique pousse de très nombreux épargnants à racheter leurs parts (c’est-à-dire vendre) en même temps, la société de gestion serait obligée de vendre les actifs composant le fonds et les vendrait donc dans de mauvaises conditions. (Pour mieux comprendre, on rappelle, que l’OPCVM est un organisme de placement collectif en valeurs mobilières. On désigne par là, les Sicav ou encore Société d’Investissement à Capital Variable. Il existe plusieurs forme d’OPCVM que nous traiterons ultérieurement.)
Qu’en est-il de l’assurance vie ?
La situation est différente, car c’est la compagnie d’assurance qui possède les parts d’OPCVM qui composent les fonds en unités de comptes, ou les obligations qui composent les fonds en euros. En imaginant qu’une compagnie d’assurances fasse faillite, c’est donc la garantie du Fonds de Garantie des assurances de personnes (distinct du Fonds de garantie des dépôts et des titres) qui indemniserait les épargnants à hauteur de 70 000 € par épargnant, et 70000€ par entreprise et 90 000 € pour les rentes de prévoyance. Avant d’en arriver à cette solution, l’Autorité de Contrôle des Assurances et des Mutuelles tenterait de trouver un repreneur pour les portefeuilles de la compagnie d’assurances en difficulté.
Mais encore une fois, ces mécanismes sont très largement théoriques. A ce jour, aucun Etat n’envisage de « laisser tomber » les déposants et les épargnants. Dans toute l’Europe, des nationalisation totales ou partielles pour sauver les établissements financiers en difficulté. L’Allemagne a accordé une garantie publique illimité aux dépôts des particuliers pour éviter tout mouvement de panique. En amont même de ces mécanismes de garantie, l’Etat et les Banques centrales viennent à la rescousse des établissements en difficulté.
Epargne et placements : que faut-il faire ?
Votre argent est-il à l’abri ?
Oui, mais pas en totalité. Votre argent est protégé jusqu’à 70 000 euros par personne par un fonds de garantie. Sur le site Internet de la Banque de France, vous trouverez la liste des établissements adhérents (la plupart des banques présentes sur le territoire) à ce fonds, doté de 1,8 milliard d’euros.
Le crédit va-t-il être plus rare et plus cher ?
Sans doute, car avec la crise, les liquidités se font rares, et les prêts entre banques sont plus chers. La Ministre de l’économie, Christine Lagarde, avait déjà averti que les faillites des banques allaient aboutir à « un renchérissement du crédit dans les semaines qui viennent ». Et selon une étude de l’Observatoire du financement des marchés résidentiel, « une nouvelle phase de remonté des taux s’est amorcée ». Selon elle, au deuxième trimestre, 10,4% des prêts avaient un taux supérieur à 5%, contre 7,4% au premier trimestre. Parallèlement, cette même étude montre une baisse de 11% du nombre de crédits immobiliers au premier semestre.
Et pour les entreprises ?
Les banques demandent de plus en plus de garanties. Pour les sociétés installées depuis longtemps, avec un bon dossier, il n’y a pas de problème. Mais pour les découverts, le refinancement et la création d’entreprises, c’est beaucoup plus dur.
Que faire de vos placements ?
Les livrets réglementés (Livret A, jeune, de développement durable, LEP…).
Avec un taux d’intérêt à 4% minimum, ces produits deviennent aussi attractifs qu’une assurance-vie. Et à la différence de cette dernière, l’épargne y est totalement disponible et défiscalisée, mais les plafonds sont plus bas (15 300 euros pour le livret A). Vue la situation actuelle, mieux vaut commencer à remplir ces livrets avant d’opter pour d’autres placements.
L’assurance-vie.
Le placement préféré des Français est-il encore rentable ? Tout dépend du type de contrat : la majorité d’entre eux ne garantit pas de rendement. Cependant, les fonds en euros protègent le capital investi : vous placez 10 000 euros, et quoi qu’il arrive, vous les récupérez. Ce n’est pas le cas pour l’assurance-vie en unités de compte, qui place votre argent sur les marchés financiers, par nature fluctuant. En cas de faillite, l’assurance-vie est garantie à hauteur de 70 000 euros par un fonds spécifique (90 000 euros pour les héritiers). Pour éviter les déconvenues boursières, mieux vaut diversifier votre placement entre fonds en euros et unités de compte.
Plus d’informations sur : www.toutsurlassurancevie.com
Immobilier.
Le Plan d’épargne logement (PEL) et le compte épargne logement (CEL) offrent des rendements plutôt faibles (respectivement 2,5% et 2,75%) mais donne des facilités pour emprunter. Avec le resserrement des conditions de crédit, posséder un de ces placements peut être avantageux. La tendance immobilière étant de plus à la baisse.
La bourse.
Vos actions, obligations, parts de Sicav et FCP sont protégées par le fonds de garantie des placements. Pour limiter le danger, il faut diversifier ses placements. Si vous possédez des actions, mieux vaut ne pas les vendre, voire même en acheter en pariant sur un rebond long terme. Evitez les valeurs bancaires et celles liées aux biens de consommation. A l’inverse, nous vous conseillons des entreprises proposant des services aux collectivités locales ou bénéficiant de fortes politiques d’investissements.
Bulles et krachs : l’éternel recommencement ?
La bulle immobilière de ces dernières années, suivie d’une bulle au printemps sur les matières premières, puis le krach qui a suivi est l’occasion de faire un petit retour en arrière sur les précédents évènements similaires.
Et cela ne remonte pas aux débuts des marchés financiers, mais bien avant, puisque la première bulle identifiée et sur laquelle nous avons un certain nombre d’informations est la bulle des tulipes, qui remonte au XVIIe siècle !
La bulle des tulipes, première d’une longue liste
Ainsi, en 1636, une fièvre acheteuse s’était emparée des bulbes de tulipes en Hollande, faisant grimper le prix des plus rares à l’équivalent du prix d’une maison, ou encore 40 années de salaires d’un ouvrier. Jusqu’à ce qu’en février 1637, la bulle n’éclate, faisant s’effondrer le prix des tulipes de 90% en quelques semaines, puis à nouveau de 80% (soit 98% sur le prix de départ). La première bulle recensée de l’histoire venait d’éclater, la première d’une longue liste, comme si les hommes n’apprenaient pas de l’histoire.
Et ce ne sont pas les exemples qui manquent ,avec un siècle plus tard la faillite de la South Sea Company, ou deux siècles plus tard, en plein boom des chemins de fer, avec le doublement des actions du secteur en Angleterre en 1836/1837, puis à nouveau en 1844/1845, avant que la bulle n’éclate.
Des points communs indéniables…
Ce qu’il est intéressant d’analyser, ce sont les points communs entre ces bulles. Le plus souvent, elles sont nées de révolutions économiques ou industrielles. Toutes les grandes innovation n’ont pas conduit à des bulles comparables, mais comment ne pas mentionner le krach de 1929, né de l’avènement de l’automobile et de l’incroyable surproduction qui a suivi, et bien sûr la fameuse bulle internet, qui a porté le Nasdaq notamment sur des plus hauts historiques qu’il ne semble pas prêt de revoir avant de très longues années. Un phénomène que l’on retrouve également avec la bulle pétrolière et des matières premières de ces derniers mois. Cette dernière a reposé sur le fort développement des marchés émergents et une réorganisation de l’économie mondiale, qui ont mis en lumière la raréfaction à venir des ressources de notre planète.
Mais si l’on ne peut nier l’importance des bouleversements associés à ces révolutions économiques, ces phénomènes restent des phénomènes de long terme, et qui ne peuvent justifier les exagérations court terme des marchés. Tôt ou tard, ces bulles finissent donc par éclater.
Toutes ces bulles ont été caractérisées par l’afflux d’une masse d’investisseurs moutonniers, souvent inexpérimentés et attirés par l’appât d’un gain facile. On se souviendra des publicités en 1999 et 2000 qui mettaient la bourse et la richesse à portée de tous, ou encore plus récemment ces nombreuses émissions montrant comment retaper une vieille maison pour faire la culbute quelques mois plus tard lors de la revente.
Elles se traduisent également, lors de leur dégonflement, par une une mise au pilori des dirigeants et accusation des instances règlementaires, et une multiplication des scandales, fraudes et faillites. On citera en pagaille Drexel Burnham Lambert en 87, le fond LTCM en 98, ou encore les scandales WorldCom et Enron en 2002/2003. Et puis bien sûr les faillites et difficultés en cascade des établissements financiers en cette année 2008, avec BearStearns, Lehman Brothers, AIG et j’en passe. Le marché a besoin de boucs émissaires pour expier ses péchés, et mieux repartir de l’avant, dans la bulle suivante.
…et des spécificités qui rendent chaque cas unique
Mais chaque bulle conserve ses propres spécificités, qui font justement qu’elles peuvent se développer et gonfler, échappant ainsi à la vigilance de tous ceux qui se sont déjà fait prendre et ont juré que cela ne leur arriverait plus.
Ainsi, pour celle que nous venons de vivre sur l’immobilier américain, s’il n’y a pas grand chose à dire sur la bulle elle même et son éclatement, c’est plus sur ses conséquences sur les marchés financiers qu’il convient de s’attarder. En effet, ce qui a pu surprendre, c’est que jamais un tel repli des bourses n’était parti de niveaux de valorisation aussi peu excessifs, puisque la hausse des marchés entre 2003 et 2007 n’était d’une part qu’un rattrapage de la chute de 2001/2002, et d’autre part l’accompagnement de la croissance des bénéfices et l’assainissement de la situation des entreprises. Les prix excessifs étaient sur l’immobilier, mais ne s’étaient dans leur ensemble que peu propagés aux marchés financiers.
Une autre spécificité de la crise actuelle, et non des moindres, est que nous avons eu en fait plusieurs bulles concomitantes. Tout est partie d’une bulle du crédit, provoquant une bulle immobilière, alimentant à son tour la bulle du crédit, compte tenu du fonctionnement même de l’endettement outre-atlantique. A cela est venu s’ajouter une bulle sur les matières premières, due au fort développement des pays émergents et de l’Inde et la Chine en particulier, et renforcée sur le premier semestre 2008 par un fort mouvement de spéculation de la part d’investisseurs cherchant à compenser le recul des marchés actions. Et c’est l’éclatement de cette troisième bulle qui aura l’effet le plus dévastateur, sur des marchés déjà très fragilisés. Quant à savoir quand cette crise trouvera un épilogue… Même si ce n’est pas le sujet du jour, dans un marché qui a perdu ses repères et toute confiance, et dans lesquels les prix n’ont plus de sens, le marché se montrant incapable de valoriser les sociétés, sans doute faudra t’il donc déjà que le marché règle le problème de la titrisation et de la valorisation des actifs avant de pouvoir regarder de l’avant…
Source : Finance-Etudiant.fr





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